1980-1990 

L’artiste n’est jamais à proprement parler l’auteur d’une œuvre puisque la beauté existe déjà à l’état plus ou moins invisible – c’est la nature qui EST. La tâche de l’artiste consiste à rendre visible la réalité invisible. Un retour à l’Etre.

Ca6,7,8.jpg
1980_Cu1col.pub.tif

C’est cela que voit Armand Scholtès à chaque fois qu’il part en promenade et en revient heureux, comblé. Riche infiniment. L’Etre est infini. Le Tout est infini. La tâche de nous le donner à voir ne saurait être moindre. La nature est le centre du monde d’Armand. Il constitue un réservoir infini de mémoire possible. Armand Scholtès ramène de minuscules bouts d’infini, des petits touts, des quasi-éternités - séries, miniatures. On sent bien que cela se poursuit au-delà des morceaux (de monde) qu’il nous délivre. Il subsiste des blancs, parfois, des espaces à compléter. Les pièces qu‘il nous donne à voir ne sont que des extraits, des parties, des fragments d’une réalité incommensurable. Pour rendre ce qu’il a vu, entrevu, perçu, senti, ressenti, il utilise l’art du découpage, de l’épuisement du recueil des formes et des contours possibles, il peint les frontières - ce qui sépare et en même temps réunit - le fond et la forme ensemble. Armand Scholtès est souvent là bas, de l’Autre Coté ; quant il en revient, il a encore de la couleur et des formes qui dansent dans ses yeux, au bout de ses doigts. Il n‘a plus qu’à les déposer, les donner : papier, carton, tissu, bois…

 

Charlie Galibert, extrait du Codex Scholtensis

1980_Caaam6.jpg